Powell Street, d’hier à aujourd’hui

Plus je vis à Vancouver, plus je me rends compte de la difficulté à apprécier la richesse de son histoire, et ce pour une raison simple : la ville fait table rase de son passé. Les bâtiments historiques tombent en décrépitude faute d’entretien ou sont tout bonnement remplacés par des tours en verre. Heureusement associations de riverains et centres culturels se mobilisent pour protéger leur patrimoine. C'est la cas à Powell Street, l’ancien quartier de la communauté canadienne-japonaise.

Powell Street au début du XXe siècle

Avant la tragique déportation de 1942, la population canadienne-japonaise se répartit entre deux communautés. Les Japonais qui ont choisi la pêche et les conserveries se sont établis le long du fleuve Fraser dans le village de Steveston, tandis que ceux qui ont choisi le secteur du bois se sont installés autour de la scierie Hastings, située sur l’anse Burrard, au pied de la rue Dunlevy.

Entre les années 1890 et 1942, le long de Powell Street, entre les rues Jackson et Gore, s'installent pensions de familles, magasins et restaurants. On y trouve également des bains publics et un fabricant de tofu, un club de paris illégal, une église méthodiste, une école de japonais et une équipe de base-ball.

À l'époque l’équipe Asahi est célèbre dans toute la région pacifique nord-ouest car, malgré la taille de ses joueurs, elle remporte quasiment tous les championnats dans les années 1920 et 1930.

Un journal, le New Canadian, est créé en 1938. Installé dans le bâtiment Tamura et paraissant uniquement en anglais, il s'adresse à la population canadienne-japonaise de deuxième génération qui représente plus de 60 % de la communauté et est anglophone.

À l'exception du journal qui continue de paraître, tout le reste s’arrête au printemps 1942 lorsque la population canadienne-japonaise est déportée et que ses biens sont confisqués.

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Le magasin des frères Maikawa est l'un des rares témoignages du passé de Powell street. © Alexandra Nicolas

Témoins du passé de Powell Street

75 ans plus tard, il reste peu de traces de ce passé. L’école japonaise située Alexander Street a rouvert – c'est l'unique bâtiment qui sera rendu à la communauté canadienne-japonaise après la guerre –. L’église méthodiste-temple bouddhiste au coin de la rue Jackson officie à nouveau et l'immeuble Tamura au coin de la rue Dunlevy a été rénové.

Ces témoins d'un autre temps restent des exceptions. Nombre de bâtiments tels que Tanaka tofu ou le magasin des frères Maikawa sont fermés et le parc Oppenheimer où jouait l'équipe Asahi il y a près d'un siècle est devenu le domicile de nombreux sans-abris.

Vers un second souffle ?

Les choses sont pourtant en train de changer: plusieurs cafés et restaurants ont choisi de s'installer dans le quartier, insufflant ainsi un nouveau souffle à Powell Street. Voici 3 adresses pour vous régaler et soutenir le renouveau du quartier :

H.A.V.E. Café : Hope Action Values Ethics

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Le H.A.V.E Café

Le H.A.V.E Café est un centre de formation aux métiers de la restauration pour les personnes en difficulté. Financé entièrement par des fonds privés, il délivre une formation en 8 semaines.

Depuis sa création, il a formé plus de 700 personnes dont 75 % ont réussi à trouver un emploi stable.

The Uncommon Café

La nourriture est locale, les emballages recyclables, la déco récup et les prix abordables. Vous y trouverez aussi des confitures et toutes sortes d’élixirs.

Dosanko

La plus récente ouverture du quartier (juillet 2017) est un restaurant qui propose de la cuisine japonaise familiale inspirée de l’île d’Hokkaido. La cuisine y est locale, bio et sans OGM bien sûr !

 

Mes adresses à Powell Street
  • H.A.V.E. Café  : 374 Powell Street. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 16 h.
  • The Uncommon Café : Au coin des rues Powell et Jackson. Ouvert du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h.
  • Dosanko : 566 Powell Street. Ouvert du lundi au samedi de 11 h à 14 h 30 et de 17 h à 23 h.
photo principale : Balade le long de Powell street © Alexandra Nicolas