Les plus belles maisons de Toronto

À travers la découverte de demeures historiques, je vous propose de revivre la vie des premiers immigrants irlandais ou les soirées huppées des années trente. Propriétés de la ville de Toronto, ces maisons ont été soigneusement restaurées et offrent un voyage dans le temps vivant et ludique.

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Gibson House, la mieux cachée

Cette maison se mérite car on ne la trouve qu’au bout d’un périple improbable, curieusement nichée au milieu d’un quartier moderne… et à l’ombre d’un superbe gratte-ciel en construction ! Difficile d’imaginer ici fermes, vergers et moulins. Pourtant la rivière Don a bien contribué à l’établissement de l’ancienne communauté rurale, prospère et verdoyante de Willow Dale. C’était bien avant l’urbanisation qui a donné North York, qui s’est ensuite fondu dans Toronto…

Mais on oublie vite le modernisme alentour dès que la visite de la maison commence, accompagnée d’un jeune guide étudiant en histoire et en habit d’époque. L’histoire de son propriétaire est aussi intéressante que la maison elle-même, pourtant parfaite témoin de son temps.

Un intérieur bourgeois du XIXe siècle à Gibson House (Toronto)

Cette maison se mérite car on ne la trouve qu’au bout d’un périple improbable, curieusement nichée au milieu d’un quartier moderne… et à l’ombre d’un superbe gratte-ciel en construction !

Difficile d’imaginer ici fermes, vergers et moulins. Pourtant la rivière Don a bien contribué à l’établissement de l’ancienne communauté rurale, prospère et verdoyante de Willow Dale. C’était bien avant l’urbanisation qui a donné North York, qui s’est ensuite fondu dans Toronto… Mais on oublie vite le modernisme alentour dès que la visite de la maison commence, accompagnée d’un jeune guide étudiant en histoire et en habit d’époque.

L’histoire de son propriétaire est aussi intéressante que la maison elle-même, pourtant parfaite témoin de son temps. Nous sommes en 1848. David Gibson vient de revenir à York (Toronto) après 11 années d’exil aux États-Unis, car banni du Haut-Canada en raison de ses activités et positions politiques contraires à celles du pouvoir en place. Sa maison a été brûlée, mais pas sa ferme. Pendant tout ce temps, c’est sa femme qui viendra régulièrement récolter les revenus fermiers. À son retour, il est réhabilité et reprend ses activités. Il travaille aussi pour la ville dont il était auparavant topographe. Il deviendra par la suite inspecteur de la Couronne, superintendant puis superviseur. En 1851 il fait construire cette maison, de style géorgien, façade rectangle et symétrique.

Devenue musée de la ville en 1971, on y trouve beaucoup d’objets de la vie domestique d’une famille de l’époque : toilette, couture, cuisine… Les objets de voyage, la correspondance et le journal de David Gibson y sont également conservés.

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Spadina House : bienvenue dans les années trente

C’est dans le quartier de la Spadina Avenue que l’on trouve cette belle demeure. Propriété de la famille de James Austin (le fondateur de la TD Bank) jusqu’en 1983, elle fut finalement donnée à la ville. Entièrement et somptueusement rénovée en 2010, c’est l’époque 1920-1930 qui y est présentée.

La ville de Toronto organise chaque année une soirée "Années folles" à Spadina House.

Du papier peint au linoléum, des vêtements aux meubles et accessoires, tout a été rigoureusement reproduit d’après le travail des créateurs de l’époque mais surtout puisé dans les collections personnelles de la famille. À noter aussi, la cuisine « historique » qui présente un placard entièrement rempli d’épicerie de l’époque ainsi qu’un réfrigérateur et une hotte aspirante dans leur version 1930. Les différents jardins et potagers, parfaitement entretenus, participent également à la beauté et renommée de la maison.

Du papier peint aux meubles et accessoires, Spadina House a été rigoureusement restaurée.

La ville organise chaque année dans le grand parc une party « Années folles » ouverte au public : parties de croquet, cours de danse charleston, concerts champêtres animés… Autant de réjouissances que n’auraient pas renié Zelda et Scott Fitzgerald. C’est l’occasion pour beaucoup de sortir sa robe garçonne et son petit bibi velours…

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Montgomery Inn, tout droit sortie de l'auberge

Montgomery Inn accueillait autrefois les voyageurs à Toronto.

Construite par des immigrants irlandais vers 1830, à côté de leur ferme, cette grande bâtisse fut d’abord une auberge pour les voyageurs sur cette artère majeure du Haut Canada de l’époque (et la Dundas Street est toujours très fréquentée de nos jours).

La maison est immense, avec de nombreuses chambres et salles communes réparties sur quatre niveaux, et toute la famille (7 enfants !) logeait ici également comme cela se faisait en ce temps-là. Les hommes se retrouvaient à la taverne pour boire et refaire le monde, en attendant les autres étapes de leur vie itinérante. Le lieu accueillait aussi des réunions publiques. Le coin bar était soigneusement fermé pendant la nuit pour décourager les velléitaires de la boisson.

Le coin bar de Montgomery Inn

L’activité de l’auberge s’est arrêtée en 1855 au décès de madame Montgomery et seule l’activité de la ferme demeura. Le bâtiment fut vendue par les héritiers en 1945, elle devint une église presbytérienne puis échappa de justesse à la démolition en 1962. Elle est un musée depuis1975. La visite reflète à la perfection la vie d’une famille d’immigrants commerçants et prospères d’antan, ainsi que l’ambiance animée d’une auberge de voyageurs.

Les plus belles demeures de Toronto
Gibson House, 5172 Yonge Street, M2N 5P6, Tél. : 416 395-7432
Spadina House, 285 Spadina Road, M5R 2V5, Tél. : 416 392-6910
Montgomery’s Inn , 4709 Dundas Street West, M9A 1A8, Tél. : 416 394-8113

© photo principale : Chantal Véchambre © autres photos : Chantal Véchambre

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