Le Sea Side d’Halifax

Un voyage en Nouvelle-Écosse passe forcément par Halifax dont la rade, présumée la plus grande du monde après celle de Sydney en Australie, et surtout libre de glaces à l’année, lui a valu toutes les attentions britanniques dès 1749. Sa position stratégique fut encore prouvée lors de la Bataille de l’Atlantique pendant le Seconde Guerre mondiale. Sa situation en figure de proue atlantique du continent lui valut aussi le surnom de Porte d’entrée du Canada. Entre 1928 et 1971, un million d’immigrants y transitèrent.

Les visites incontournables

Le Maritime Museum of the Atlantic est le plus grand musée maritime canadien. Il présente de superbes expositions racontant l'histoire navale de la ville et du pays. Après l’inévitable galerie consacrée au Titanic où nous apprenons que de nombreuses victimes du naufrage reposent dans plusieurs cimetières de Halifax, nous avons été conquis par la spectaculaire galerie présentant pas moins de 70 bateaux et voiliers. Amarrés à quai, une paire de sloops racés et le CSS Acadia, un élégant navire de recherche océanique qui servit de patrouilleur lors des deux guerres mondiales. Sur un quai voisin, on distingue les superstructures du HMCS Sackville, une corvette escortant les convois sur l’Atlantique pendant la Seconde Guerre mondiale qui ne fait pas partie du musée.

Le Maritime Museum of the Atlantic

Au Pier 21, le Musée canadien de l’Immigration raconte, un peu à la manière d’Ellis Island à New York, l’histoire de l’immigration au Canada de 1928 à 1971. Près d’un canadien sur cinq est passé entre ces murs entre 1928  et 1971 ! C’est également d’ici que 500 000 Canadiens ont embarqué pour l’Europe lors de la Seconde Guerre mondiale. Son importance est telle que l’endroit a été classé site historique national en 1996.
Amusant autant qu’instructif, on aurait pu y rester des heures. À la douane, on découvre les objets qui auraient pu nous être confisqués à l’arrivée, une reproduction de cabine et de salle à manger rappellent les conditions de la traversée, un wagon de chemin de fer évoque lui l’Ouest canadien. On peut même revêtir des costumes d’époque pour se mettre dans la peau d’un nouvel arrivant, une caisse contient des objets amenés au Canada dans les années 1940. Et les enfants sont tout sauf oubliés !

Le Pier 21

Un navire au sang bleu

C'est également ici que vient parfois s’amarrer l’été le Bluenose II, (Bluenose étant le surnom des habitants de la province, à cause du froid…) Il s’agit d’une réplique exacte d’un schooner de légende, lancé en 1921 et d’abord affecté à la pêche sur les bancs de Terre-Neuve qui devint ensuite un voilier de course invaincu pendant 17 ans avant de couler sur des récifs d’Haïti.
Représenté sur les pièces de 10 cents canadiennes, sujet de plusieurs timbres, présent sur les plaques des voitures de Nouvelle-Écosse, il a même assisté au jubilé d’argent de George V, le roi d’Angleterre, en 1935. Incarnant la tradition navale du pays, il fait vraiment partie du patrimoine canadien et une visite de ce navire de légende (même sa réplique) est certainement la meilleure manière de découvrir la ville. On peut même faire des croisières estivales, le fier navire, dont le port d’attache est Lunenburg (1h30 de route au sud), faisant du cabotage autour de la Nouvelle-Écosse. Mais il faut s’y prendre à l’avance et supporter le mal de mer.

Le Bluenote II à quai

Allons voir en face si on y est

Pour seulement 2,50 dollars canadiens (env. 1,70 euro en octobre 2015), nous traversons la rade sur le Transit Ferry menant à Dartmouth, pour de jolies vues sur le port et la baie de Halifax. Dans l’ombre de sa voisine et donc moins fréquentée par le touriste pressé, la ville possède quelques bâtisses intéressantes et ne semble pas aussi orientée vers le tourisme.
Nous sommes tombés par exemple sur la Quaker House. À trois blocks du dock du ferry terminal, cette modeste demeure est la seule qui subsiste des familles de baleiniers quakers restés fidèles à la couronne britannique après la Guerre d’Indépendance. Avec son appareillage de planches grises et son intérieur spartiate, elle reflète les valeurs de cette communauté venue de l’île de Nantucket au large de Cape Cod.
Au bout de King Street, on peut voir encore une section du Shubenacadie Canal qui reliait Dartmouth à la baie de Fundy, à 90 kilomètres de là. Passant par une douzaine de lacs connectés par un système d’écluses, cette prouesse technique commencée en 1826 ne fut achevée qu’en 1860. Mais le canal ne fut profitable que seulement dix ans jusqu’à ce que le chemin de fer entre en piste et que la rouille ne commence à faire son œuvre… Le Farmer’s Market local, à Alderney Manding, tombe le samedi.
Une autre jolie balade est l’excursion menant à l’île Mac Nab à l’entrée de la rade, reliée par une traversée en traversier (un bac en français) d’une vingtaine de minutes. Classée parc provincial, on y trouve Fort Mc Nab dont les canons protégèrent l’entrée du port des années 1880 jusqu’à son démantèlement en 1959. Très dépaysant et parfait pour un pique-nique (il faut tout amener car il n’y a rien sur place) !

Bonnes adresses et saveurs iodées
Halifax Seaport Farmers’ Market, 1209 Marginal Road, Tél.: (902) 492-4043
Ouvert tous les jours. Ne pas manquer l'excellent lobster roll

Smiling Goat à Bishop’s Landing, 1475 Lower Water Street, Suite 12, Tél. : (902) 446-3366
Lun : 7h-19h ; mar-sam : 7h-21h ; dim : 8h-18h

The Halliburton, 5184 Morris St, Tél. : (902) 420-0658
Son patio est idéal à l’heure du thé, traditions britanniques obligent…

Warehouse Seafood Tower, 1549 Lower Water St, Tél. : (902) 425-7610
Compter 75 CAD (env. 54 euros en octobre 2015), pour un plateau avec homard, huîtres, crevettes et crabe

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