Itinéraires en houseboats

Voici quelques sites ou régions de l’Ouest canadien où il est possible de voyager autrement en louant pour quelques jours l’un de ces houseboats, qui deviendra votre maison flottante pour vagabonder en pleine nature. Les franchissements d’écluse sont autant d’occasion de faire des rencontres et d’émerveiller les enfants qui pourront également se familiariser avec le grand air et la vie sauvage.

Ile de Vancouver - Cowichan Lake

Nous avons déjà eu l’occasion de dire tout le bien que nous pensons de cette île immense, une destination incroyable méritant largement le voyage pour elle seule. Facile d’accès grâce à de multiples liaisons en traversier, on parvient à Cowichan Lake au bout d’une route de 28 km via Duncan, approximativement entre Victoria et Nanaimo. Le lac lui-même, l’un des plus grands de l’île,  s’étire sur une trentaine de kilomètres. Très effilé, encaissé entre deux petites montagnes, sa largeur en revanche, ne dépasse pas 4 km. S’il existe sur son pourtour quelques petits villages permettant de se ravitailler ou de faire escale pour le plaisir, la majorité de son rivage, cerné par la forêt primaire, reste pour sa rive sud, protégée partiellement par la Honeymoon Bay Ecological Reserve et le Gordon Bay Provincial Park, quasiment inaccessible autrement qu’en bateau. Le lac se trouve dans la région la plus chaude de toute la province, les Amérindiens l’avaient même appelée "le Pays chaud", c’est dire si la baignade y est rafraîchissante. Nous ne sommes pas étonnés non plus de trouver des vignobles en route, ça donne des idées d’apéritif avant l’appareillage... Avec leur capacité maximale de 10 personnes, les bateaux équipés notamment d’un toboggan et d’une cabine double sur le pont supérieur, sont parfaits pour une grande famille ou une bande de copains.

Le paisible Lac de Cowichan

Lac Shuswap et Lac Mara

Sur la route reliant Vancouver à Jasper ou Banff, séparés par un minuscule isthme à Sicamous (un nom indien signifiant justement rétréci au milieu), ces deux lacs sont la Mecque du houseboat au Canada. Faciles d’accès, ils font une belle halte entre Kamloops et les Rocheuses.

Le lac Shuswap a une topographie tourmentée évoquant vaguement un H, ce qui donne quatre bras principaux : Salmon Arm, Anstey Arm, Seymour Arm et le lac principal. Il offre d’infinies possibilités de navigation. À cause de sa géographie typique de lac glaciaire, avec ses 90 km de long mais seulement 5 de largeur maximale, il faut tout de même faire attention au trafic intense en période estivale, bateaux divers, jet skis, skieurs nautiques sont partout ou presque. Il existe plusieurs sociétés de location dispersées dans différentes localités autour des lacs où l’on trouve des bateaux tout équipés de grand confort avec même une cheminée ou un bain à remous extérieur. Suivant le modèle, on y embarque de 6 à 30 personnes… ! Le bateau peut aussi servir de logement le soir tandis qu’en journée, on part en randonnée dans l’un des multiples parcs provinciaux de la région dont celui du lac Shuswap, ou même jusqu’à Revelstoke National Park.

La saison démarre début avril pour se terminer fin octobre. Juillet et août sont bien entendu les mois les plus chauds, la température de l’eau atteignant les 22°C de moyenne. Mais octobre, avec le flamboiement des couleurs de la forêt se reflétant dans les eaux des lacs est un moment assez merveilleux. Qui sait, vous croiserez peut-être "Shuswaggi", l’équivalent local du monstre du Loch Ness, les Indiens des lacs ayant curieusement affaire aux mêmes légendes que les Ecossais. Mais ici, il ne s’agit que d’une créature serpentiforme atteignant à peine les 8 mètres de long… Pas de quoi fouetter un poisson-chat !

Le nom du lac Mara n’est pas d’origine indienne. Il porte le nom de John Andrew Mara, l’un des premiers colons à s’installer dans la région en 1862 qui après être devenu marchand et entrepreneur. Il fit une carrière politique qui le vit porte-parole de l’assemblée provinciale avant de partir à Ottawa.

Lac Koocanusa

Son drôle de nom lui vient de l’addition de KOOtenai (le nom de la rivière), de CANada et USA, attribué suite à un concours lors de la construction du Libby Dam, un barrage qui noya villages et canyons en 1972 ce qui n’empêche pas ses eaux d’offrir une incroyable palette de bleus digne de toutes les mers du Sud. À 45 minutes au sud-est de Fort Steele, long de près de 160 km, il est coupé en deux par la frontière séparant le Canada du Montana américain. 70 km se trouvent du côté canadien. Malheureusement, si l’on se risque à traverser la frontière, on s’expose à une amende d’au moins 10 000 US$… Comme il y a suffisamment de quoi faire au nord, on ne vas pas s’en plaindre. D’ailleurs, vous aurez tout le loisir d’observer raton laveur à sa toilette, biches, élans, wapitis ou même ours (attention à ne rien laisser de comestible à l’extérieur) qui eux, font fi des formalités. Levant les yeux, vous apercevrez aussi sur les falaises les agiles chèvres des montagnes aux longs manteaux à poils blancs ou les mouflons big horn bien plus pelés. L’un des plus jolis coins est le Kikomun Creek Provincial Park, réputé comme site de nidification d’une rare espèce de tortue. L’un des aspects les plus appréciables du lac est son relatif isolement malgré quelques petites minuscules localités car il se trouve sur un axe nord-sud assez peu fréquenté par rapport au classique Vancouver – Rocheuses de la Transcanadienne. Les bateaux peuvent ici accueillir de 10 à 22 personnes.

Une escapade bienvenue lors d’un parcours au long cours transfrontalier entre le Montana, l’Idaho et l’Ouest canadien.

Saskatchewan

Les amateurs d’exotisme privilégiant les endroits hors des sentiers battus adoreront venir se perdre dans les hautes plaines canadiennes autrefois parcourues par le bison. Nous sommes à une bonne centaine de kilomètres à l’est de Prince Albert sur le petit Lac Tobin (environ 40 miles de circonférence) créé par un barrage sur la Saskatchewan en 1963. Amarrés dans la marina de la bourgade de Nipawin, les houseboats ont ici suivant leur taille, une capacité de 8, 10 ou 12 personnes et la saison va de mi-mai à mi-septembre. On y vient de loin pour taquiner la truite notamment sur la portion protégée du Nipawin Regional Park bordée par le lac sur les berges duquel viennent brouter une belle collection de cervidés... Cette région peut se combiner avec les Badlands de l’Alberta et la région de Glacier National Park au Montana.

© photo principale : Robert Taylor © photos article de haut en bas : n° 2  Ashley, 3  Kyle Pearce, 4 CK Golf Solutions, 5 Spend A Day Touring, LLC