Fêter Thanksgiving au Canada

Le 13 octobre 2014, c’est Thanksgiving pour le Canada anglophone… et Action de Grâces au Québec. Petite particularité, Thanksgiving se fête le deuxième lundi du mois d'octobre au Canada mais un mois plus tard aux États-Unis. Cela tient surtout à l'histoire des deux pays et d’une certaine connotation religieuse.

Thanksgiving côté canadien

Au Canada, les expéditions commencées au XVIe siècle en préalable d'installation de colonies avaient été si pénibles et meurtrières que les occasions de remercier Dieu étaient nombreuses si on s'en était sorti vivant…

Samuel de Champlain avait déjà eu l’idée de créer (à Port Royal en 1605) l'"Ordre du Bon Temps", histoire d’égayer les froides et longues soirées d'hiver… et de conjurer le scorbut en passant. Le premier club social et gastronomique de tous les temps était né. Puis, à l'instar des Européens, viendra l'idée de fêter la fin des moissons et les bonnes récoltes. Les Loyalistes arriveront de la Nouvelle Angleterre avec cette même tradition.Une autre fois bien plus tard ce sera une façon de célébrer la bonne santé recouvrée du Prince de Galles. Enfin viendra la commémoration de l'Armistice.

Il y a une cinquantaine d'années, le gouvernement canadien a finalement mis de l'ordre dans tout ça et regroupé toutes les occasions de louer Dieu (il n'y a pas de séparation de l'Église et de l'État au Canada) en un seul jour.

Thanksgiving côté américain

Aux États-Unis, Thanksgiving est empreint d'un caractère encore plus religieux puisque relié principalement à l'histoire des pèlerins puritains, les Pilgrims Fathers, arrivés en 1620 sur le Mayflower. Les survivants du premier hiver (la moitié seulement) avaient souhaité fêter cela à Plymouth un an plus tard lors d’un grand repas partagé avec les Iroquois qu'ils souhaitaient remercier. Ils avaient survécu toute une année grâce à eux qui les avaient nourris et leur avaient appris à pêcher, chasser et planter. Et tous rendaient reconnaissance à leurs dieux respectifs pour les bonnes récoltes.

Après la guerre d'Indépendance, le Congrès américain a proclamé un jour officiel de Thanksgiving, confirmé par Abraham Lincoln et ses successeurs au dernier jeudi de novembre. Ce jour est depuis aussi une occasion de partage avec les plus démunis et de nombreux repas communautaires sont organisés dans tout le pays en présence de vedettes du show biz. Mais il faut dire que tous les Amérindiens ne sont pas d'accord avec cette célébration qui marque surtout le début de l'invasion de leur territoire.

Que mange-t-on à Thanksgiving ?

Dans les deux pays, Thankgiving a donné place rapidement à des traditions culinaires fortes et identiques. Au menu : maïs (indian corn), dinde (turkey) farcie aux fruits secs, sauce aux canneberges (cranberries), patates douces (sweet potatoes), tourte aux pommes ou à la citrouille (apple and pumpkin pie), etc.

Mais le menu que nous connaissons aujourd'hui est bien loin de celui de l'époque.Les préparations ont évolué avec le temps, en raison de la disponibilité des ingrédients et de l'évolution des préparations culinaires. Ainsi la sauce aux canneberges manquait jadis cruellement de sucre en raison de son prix, la pâte à tarte était inexistante, sans beurre, sans farine et sans four, les pommes pas encore arrivées d'Europe... Les ingrédients à disposition alors étaient plutôt le gibier, le poisson, la citrouille, la poule sauvage, les haricots, le blé d'Inde (c’est à dire le maïs), les baies (bleuets, canneberges), etc. L’appellation "d'Inde" est rapidement accolée à la poule qui deviendra la dinde. N'oublions pas que les Européens lors de leurs premiers voyages pensaient être arrivés... en Inde !

© photo principale : Chantal Véchambre ; © autres photos : Chantal Véchambre