Le Congrès mondial acadien

Fille de l’océan, la province maritime du Nouveau-Brunswick fait partie, avec la Nouvelle-Écosse et une partie du Maine, de l’ancienne Acadie, fleuron des colonies américaines de la couronne royale française. Aujourd’hui, la plus grande richesse de l’Acadie, c’est sans nul doute sa population. En témoignent deux événements majeurs de leur histoire passée et présente : le Grand Dérangement et le Congrès mondial acadien.

Le Grand Dérangement et ses conséquences

Les Acadiens d’aujourd’hui sont les descendants des Français installés au XVIIe siècle dans cette région avant l’épisode douloureux, mais finalement fondateur, du Grand Dérangement qui les dissémina un peu partout.

Persécutés par l’infâme Anglais, à qui ils devaient jurer allégeance, chassés par les Loyalistes, Américains fidèles à la couronne britannique après la Guerre d’Indépendance, objets de brimades diverses, beaucoup partirent au Québec, dans le Maine et en Louisiane, emportant dans leurs bagages leur culture et leurs traditions, leur cuisine, leur langue et leur musique.

Le festival acadien de Caraquet

Ceux qui restèrent, résistèrent à l’assimilation et maintinrent malgré tout leur identité et leur patrimoine. Premier symbole fort, le drapeau acadien. Adopté en 1884, il démontre l’attachement des Acadiens à la France avec les couleurs françaises simplement agrémentées dans la partie bleue d’une étoile symbolisant Marie. Cette étoile devant guider la petite colonie acadienne à travers les difficultés, porte les couleurs papales pour montrer aussi l’attachement viscéral à l’Église catholique.

Le gouvernement canadien a aussi désigné le 28 juillet comme jour de commémoration de la déportation. Le Nouveau-Brunswick est enfin la seule province de la fédération qui a inscrit le bilinguisme dans sa constitution.

Les Acadiens du Nouveau-Brunswick

On compte aujourd’hui au Nouveau-Brunswick environ 55 000 Acadiens sur les 130 000 se répartissant au Canada et dans le Maine. Tout ceci explique que la région est empreinte, en même temps, d’une certaine nostalgie et d’un sens de la fête et de la convivialité bien affirmé.

De nombreux événements, tels le fameux Tintamarre de Caraquet, ponctuent ainsi le calendrier estival.

Le festival acadien de Caraquet

La musique occupe également une place déterminante dans la culture acadienne. Elle pourrait même faire une percée en France grâce au succès de la jeune chanteuse Lisa LeBlanc. Originaire de Rosaireville, elle a véritablement explosé en 2013 et s’est vue remettre le prix France Inter-Télérama du premier album francophone.

Le Congrès mondial acadien

Du 8 au 24 août, le Congrès mondial acadien fêtera ses 20 ans d’existence à Edmundston. Rassemblant la diaspora acadienne du monde entier tous les cinq ans seulement, cet événement est bien plus qu’un festival d’été.

Plus de 50 000 personnes se donnent rendez-vous pour parler de leur histoire et de leur culture communes. Cérémonies, activités culturelles, études généalogiques, réunions de famille, rencontres sportives et concerts, prouvent la vitalité de cette communauté francophone au destin unique, venant célébrer son passé et son avenir.

Avouez que c’est une belle et bonne raison pour venir explorer cette province maritime au nom si bizarre et où l’histoire affleure en permanence à travers sa culture et ses habitants, viscéralement attachés à leurs racines.

Le calendrier du Congrès, dont la cérémonie d’ouverture est prévue à Edmundston le 8 août, est jalonné de plus de 400 événements culturels et festifs éparpillés sur toute la région jusqu’au Maine et au Québec. En point d’orgue, se tiendront la Fête nationale acadienne le 15 à Madawaska (Maine) et les cérémonies du Nouveau-Départ à Témiscouata-sur-le-Lac (Québec).

© photo principale : Tourisme Nouveau Brunswick © photos articles de haut en bas : Asymetric/Matthew Vibert ; Tourisme Nouveau-Brunswick