Chez les Attikameks

Un peu plus de 6 500 Attikameks vivent encore au Québec. Fiers de leur identité et de leurs traditions, ils proposent aux voyageurs de vivre en immersion dans l'une de leur communauté, Manawan. Cette expérience authentique étant un moyen pour les Attikameks de préserver leur culture et une source de revenus pour la communauté.

Jour 1 : l'arrivée dans la communauté Manawan

De Montréal à Manawan

Il est 16 h lorsque le minibus de Tourisme Manawan s'arrête dans un village au bord du lac Métabeskéga, après 3h de route depuis Montréal. Nous sommes accueillis par Paul-Émile Ottawa,  le chef de bande (la bande est un sous-groupe d’une même tribu). Nous assistons à la récupération de l’écorce à même les troncs. Elle est roulée après avoir été soigneusement découpée en lai comme du papier peint ou en grandes feuilles laissées à plat.
Mais il est temps d’embarquer dans un canot à moteur appareillant pour Matakan, notre campement aménagé de manière traditionnelle sur un îlot au milieu du lac Kempt. Nous l'atteindrons après 30 min de navigation. À perte de vue, la forêt et le lac semé d’îles et d’îlots.

Première soirée avec les Attikameks

Au campement, un repas copieux nous attend. Au menu, du ragoût d'orignal accompagné de champignons, de truite aux tomates et aux poivrons, de salade et de pommes de terre.
Nous sortons ensuite poser des filets de pêche sur le lac. Il est prévu de les relever demain matin. Après dîner, nous avons droit à un petit concert de chants et de tambours donné par un groupe local, les Ours Noirs.
Autour du feu de camp, nous nous faisons raconter les contes et légendes issus des traditions orales attikamekw. On nous sert une tisane de sorbier assez rustique.
Enfin, nous nous installons au camp sous un tipi traditionnel dont le couchage est amélioré par une paillasse de fraîches et odoriférantes branches de sapin, un matelassage tout à fait convenable. C’est la technique dite du sapinage.

Jour 2 : aventures attikamekw

Le lendemain matin, après un copieux petit déjeuner de crêpes généreusement arrosées de sirop d’érable ou de bleuets, nous allons au résultat comme disent les tireurs pour relever nos filets. Cela valait le coup de dormir sur nos deux oreilles : la pêche se révèle miraculeuse avec au tableau de pêche une vingtaine de dorés dont nous apprendrons vite à apprécier la chair succulente, une truite et un brochet.

Balade en canoë

Puis nous partons en canoë rabaska faire le tour du propriétaire. Notre guide nous explique comment appréhender les lieux sur le plan historique et culturel en nous signalant pétroglyphes et autres barrages de castors. Nous en profitons pour faire une petite trempette. Au soleil et compte tenu de la faible profondeur, l’eau est excellente.

Balade à pied et ateliers

Nous pique-niquons sur place avant une petite promenade autour de l’île. Au programme, interprétation de la faune et de la flore. Nous apprenons à identifier les plantes médicinales qui seront servies ce soir sous forme de décoction, le mackikiwapokaniwon, aux nombreuses vertus curatives.
Plus tard, nous participons à un atelier d’artisanat pour apprendre à prélever l’écorce du bouleau et la fabrication d’un canot en écorce, ce que tout le monde appelle ici pokwane manikwasaniwon. Avant le dîner, nous assistons à une séance d’initiation à la langue attikamekw. Il aurait sans doute été plus judicieux de la placer au début du séjour…
Après un nouveau dîner autour du feu de camp, nous retournons poser des filets de pêche. Nous commençons à prendre goût à ce rythme et à ce mode de vie qui nous semble si merveilleusement adapté à l’environnement.

Jour 3 : la route du retour

Après le petit déjeuner, nous assistons à une démonstration de piégeage du petit gibier selon les méthodes traditionnelles. On nous montre notamment comment poser un collet à lièvre ou un piège à vison. Âmes sensibles, s’abstenir
Et puis, nous embarquons sur notre canot pour rejoindre Manawan. Nous y passerons un petit moment, rencontrant divers artisans, passant même à la radio locale et à l’église avant de remonter à bord de notre minibus nous ramenant déjà vers la grande ville.

Séjourner en immersion chez les Manawan
Y aller : Tourisme Manawan propose un service de navette avec pick-up à l’hôtel à Montréal. Une formule bien pratique et aussi une belle introduction au voyage en compagnie du chauffeur très couleur locale. Comptez environ 3h30 pour se rendre à Manawan à 270 km de Montréal. Attention, si vous venez avec votre voiture, il n'y a aucune station service entre Saint-Michel-des-Saints et Manawan.
Faire sa valise : prévoir un drap de sac, un sac de couchage voire un oreiller selon vos exigences de confort puisque l’on dort dans un tipi ou un chapitoine. Chaussures de marche et sandales pour le canot, lampe de poche, anti-moustique, un vêtement imperméable et une polaire légère sont indispensables.

© photo principal : Tourisme Manawan / Mayoke © photos article de haut en bas : Tourisme Manawan / Mayoke