7 hôtels de légende (1)

Même si de nombreux hébergements aux noms évocateurs ont disparu au fil du temps comme les deux premiers Hotel Vancouver, le Devonshire, le Ritz, l’Alcazar, le Grosvenor ou encore l’Elysium, Vancouver conserve encore une belle collection d’hôtels de légende, toujours en activité ou désaffectés. Alors si vous voulez vous offrir une belle adresse au parfum d’histoire, pour vos vacances au Canada, voici quelques suggestions tirées de nos pérégrinations dans la belle cité du Pacifique canadien.

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Hotel Vancouver

Pour qui ?

Les nostalgiques de l'Empire britannique, les amateurs de mom porn

Entre la Art Gallery et Cathedral Place, l’actuel Hotel Vancouver est le troisième du nom. La compagnie de chemin de fer Canadien National lance sa construction en 1929 alors que le deuxième hôtel existait encore, mais était affecté à d’autres activités. La Dépression interrompt le chantier pendant plusieurs années, et son squelette d’acier est visible de toute la ville. Il est achevé en 1939 dans le style château français de la fin de la Renaissance en vogue à l’époque auprès des compagnies de chemins de fer.
La plus haute tour de ce beau building années 30 est ornée d’une série d’arcades et surmontée de toits vert-de-gris dotés de gargouilles… Avec ses 111 mètres, l'hôtel est alors le plus haut immeuble de Vancouver. Son lobby marque le centre absolu de la cité du Pacifique.

Les toits pentus et vert-de-gris de l'Hotel Vancouver se repèrent de très loin.

En 1939, l'hôtel accueille George VI d’Angleterre lors de son voyage au Canada. La suite royale occupe toujours le 14e étage comprend à l’époque 8 chambres… Aujourd’hui, elle n’en a plus « que » 3, forcément immenses.
La suite du Lieutenant-Gouverneur au même étage est assez remarquable. Elle conserve ses murs et cheminée lambrissés de teck et une partie de son mobilier de 1939, illustrant l’art déco à son meilleur. Ce serait celle incarnant la suite de l’hôtel Heathman où Christian et Ana se rencontrent dans Cinquante Nuances de Grey.
Inévitablement, l'hôtel héberge au moins un fantôme celui de Jennie Pearl Cox, une habituée de l’hôtel dans les années 40, dont le surnom de "Dame en Rouge" désigne aujourd'hui un cocktail. On raconte qu'elle aurait trouvé refuge au sous-sol où courent les tunnels souterrains abritant autrefois le système de chauffage, si labyrinthiques que personne n’ose s’y aventurer…
Le 15e étage bénéficie d’une belle vue mais davantage, et tant mieux pour notre porte-monnaie, du côté bar que du côté restaurant, justement intitulés le ROOF Restaurant & Bar, ouverts pour le 75e anniversaire du palace, aujourd’hui sous enseigne Fairmont, "la" chaîne de luxe du Canada.

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Hotel Georgia

Pour qui ?

Ceux qui ont l'âme d'une groupie, les admirateurs d'Eliot Ness

Reflections est le restaurant en plein air de l'Hotel Georgia. Source : http://www.ma-valise-cabine.com

Encore un hôtel marqué par la tradition britannique ! Le Prince de Galles et futur roi Edouard VIII, accompagné de son frère George, duc de Kent qui lui succèdera après son abdication, y séjournent en 1927, l’année même de son ouverture.
Suit une kyrielle d’artistes, acteurs, chanteurs et autres happy few qui font du Georgia un vrai bottin mondain du show-biz et un who’s who hollywoodien : Elvis Presley (1957), Frank Sinatra et Sammy Davis Junior, John Wayne, Gary Cooper et Errol Flynn, Sir Laurence Olivier, Marlene Dietrich et ses 40 valises…, Ginger Rogers, Katharine Hepburn qui oblige l’hôtel à créer pour elle le service en chambre, Bette Davis, la plantureuse Jayne Mansfield, Rudolph Nureev, les boxeurs Mohammed Ali et Rocky Marciano, Louis Armstrong ou encore les Rolling Stones. Les Beatles, eux, réserveront une chambre sans jamais séjourner à l’hôtel. Bing Crosby souvent flanqué de Bob Hope s’y arrète fréquemment en route pour une expédition de pêche au saumon. Nat King Cole est le premier noir à y descendre, une première pour les grands hôtels du centre-ville au début des années 50.
L’hôtel, classé monument historique, a fait l’objet d’une profonde rénovation avant sa réouverture en 2011 avec son nombre de chambres quasiment divisé par deux et limité à 156. Nous avons bien aimé son tout nouveau bar au sous-sol, Prohibition, dans l’esprit des speakeasys des années folles et sa piscine, oasis au cœur de la ville inondée de lumière naturelle.

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Bayshore Hotel

Pour qui ?

Les futurs milliardaire excentriques

Le Patio de l'hôtel The Westin Bayshore

Dès son ouverture en 1961, le Bayshore connaît d’emblée le succès. Il faut dire que sa situation – l'hôtel domine Coal Harbour, baignant le nord de la presqu’île, tout en étant au cœur de la cité – est assez fabuleuse. À l’époque, il n’avait qu’un bâtiment de cinq étages qui fut augmenté d’une tour sur 20 niveaux en 1970.
Sa notoriété devient internationale en 1972 quand Howard Hughes, le fantasque homme d’affaires incarné par Leonardo Di Caprio dans Aviator, y prend ses quartiers. Le milliardaire y occupe les deux derniers étages pendant six mois mais reste cloîtré dans sa suite de 400 m², la 2090, au 20e étage tandis que son équipe loge juste en dessous…
Depuis, l’hôtel a fait l’objet de constantes rénovations et améliorations. Mais les couchers de soleil sur la rade y sont toujours aussi somptueux.

Hôtels mythiques de Vancouver – 1e partie

The Fairmont Hotel Vancouver, 900 West Georgia Street, Tél. : 604 684 3131 ; hvc.concierge@fairmont.com
Rosewood Hotel Georgia, 801 West Georgia Street, Tél. : 604 682 5566 ; hotelgeorgia@rosewoodhotels.com
The Westin Bayshore, 1601 Bayshore Drive, Tél. : 604 682 3377
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© photo principale : Jakob Radlgruber / fotolia.com © photo articles de haut en bas : Fairmont Hotel Vancouver ; Rosewood Hotel ; The Westin Bayshore